La Société canadienne du cancer (SCC) devant la Commission de la santé : La SCC réclame une loi ce printemps dans le dossier du bronzage artificiel

20 février 2012

Montréal, QC -

La Société canadienne du cancer (SCC) comparaissait aujourd’hui devant la Commission de la santé et des services sociaux, laquelle avait pour mandat d’étudier sa pétition concernant le cancer de la peau et le bronzage artificiel. La SCC y a fait faire valoir que la vente libre de services de bronzage artificiel et son accès facile à une clientèle jeune et vulnérable sont incompatibles avec son caractère extrêmement nocif pour la santé.

Tout comme les dermatologues et l’Institut national de santé publique (INSPQ), la SCC exige du gouvernement des actions immédiates pour encadrer l’industrie du bronzage au Québec. La SCC s’est présentée devant la commission avec en main les signatures de 60 000 Québécois et les lettres d’appui de 65 groupes représentant plus de 500 organismes. Ces appuis regroupent autant les directions de santé publique, des groupes de femmes, des organismes jeunesse, des organismes dédiés à la défense des droits et des associations médicales. Tous exigent que les enfants et adolescents n’aient plus accès au bronzage en cabine.

Le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent et celui dont la croissance est la plus forte chez les jeunes au Québec. Présentement, aucune législation n’encadre l’industrie des salons de bronzage, qui vend un service carcinogène. « C’est un non-sens! Cette industrie recrute sa très jeune clientèle à l’aide de messages trompeurs, souligne Mélanie Champagne, analyste pour le dossier UV aux Affaires publiques de la SCC – Division du Québec. Elle met de l’avant des allégations santé non fondées (vitamine D, « fond » avant les voyages, bienfaits pour la santé, etc.). Plus de 1000 salons de bronzage sont actifs au Québec dont plusieurs se retrouvent dans des endroits insolites : agences de voyage, clubs vidéo, dépanneurs ou buanderies. »

« Nous parlons régulièrement à des jeunes femmes combattant des mélanomes, comme Annie Gloutney, qui a témoigné avec la SCC devant la commission parlementaire. Cette mère de deux jeunes enfants est frappée de plein fouet par une récidive de cancer, qui aurait pu lui être évité si une loi avait été mise en place pour elle alors qu’elle avait 15 ans », affirme Mme Champagne.

Puisque les trois quarts des cas de mélanome, chez les 18-29 ans adeptes du bronzage artificiel sont attribuables à l’usage des lits de bronzage, et parce que l’exposition au bronzage artificiel, avant l’âge de 35 ans, augmente de 75 % le risque de développer un mélanome, les signataires de la pétition, la SCC et ses alliés demandent de nouveau :

1. D’interdire la vente de services de bronzage artificiel aux jeunes de moins de 18 ans.

2. De mettre sur pied un registre québécois des commerces offrant des services de bronzage artificiel, pour faciliter le travail d’inspection et assurer le respect de la loi.

3. De restreindre les pratiques marketing des salons de bronzage en leur interdisant la publicité trompeuse et de cibler les jeunes: coupons-rabais dans les agendas scolaires, promotions lors des bals de finissants, etc.

La SCC propose aussi au gouvernement québécois d’instaurer une taxe à la séance de 10 % sur les services de bronzage artificiel, comme c’est le cas partout aux États-Unis et l’interdiction des forfaits comme pour les produits du tabac (2 pour 1, cartes de fidélisation, etc.).

Le cancer de la peau est de loin le plus fréquent. Depuis 15 ans, le nombre de mélanomes a doublé au Québec. En 2009, Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) classait les lits de bronzage dans la catégorie des risques de cancer les plus élevés pour l’humain, au même titre que la cigarette ou l’amiante.

Au Canada, l’utilisation des lits de bronzage est interdite aux moins de 19 ans en Nouvelle-Écosse et aux moins de 18 ans dans le district de Victoria. Ailleurs dans le monde, on interdit les salons aux mineurs en Australie, dans plusieurs pays d’Europe et dans certaines parties des États-Unis. Le Brésil a éliminé complètement ces commerces en 2009 et la province australienne de New South Wales fera de même en 2014.

« Le consensus scientifique et social est là : une loi sur le bronzage artificiel est une nécessité, qui est souhaitée par la population. Messieurs Charest et Bolduc, ont toutes les cartes en main pour légiférer en ce sens et prévenir de nombreux cancers de la peau », conclut Jean-Daniel Hamelin, directeur des affaires publiques à la SCC.

Les six tumeurs de Rachelle

Âgée de 31 ans, Rachelle Pitre était utilisatrice des salons de bronzage ; elle est maintenant une survivante du cancer de la peau. Elle a dû subir une chirurgie extrêmement douloureuse afin qu’on lui enlève six tumeurs : une à la cuisse, une au sein et quatre au visage. C’est adolescente, peu avant le fameux bal de finissants, qu’elle commence à fréquenter les salons de bronzage et y prend goût pour la décennie qui suit. Après l’opération, elle doit maintenant modifier en profondeur ses habitudes de vie : ne pas s’exposer au soleil, porter en permanence un FPS 60… Aujourd’hui, elle affirme s’être infligé une tragédie par insouciance et ignorance et exige qu’une loi protège les adolescents, comme elle aurait aimé être protégée.

L’histoire d’Annie

Lorsqu’un salon de bronzage ouvre ses portes près de chez elle, Annie Gloutney est âgée de 15 ans et se trouve beaucoup plus jolie bronzée. Malgré le cancer de la peau de son grand-père et l’interdiction de ses parents, elle commence à utiliser les lits de bronzage, chose qu’elle poursuit jusqu’à sa trentaine, « seulement » quelques séances au printemps, à l'automne, et avant les voyages. On lui diagnostique un premier mélanome à 37 ans, suivi d’une récidive de cancer l’an dernier. Après de longs séjours à l’hôpital, un traitement très agressif et une période où toute la famille vit le choc, Annie saura bientôt si son cancer se résorbe, si son conjoint en aura moins sur les épaules et si elle verra grandir ses deux petites filles. Selon Annie, si elle n’avait pas fréquenté les salons de bronzage, son histoire aurait été différente.

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444