Adoption de la loi 74 visant à prévenir les cancers de la peau causés par le bronzage artificiel

05 juin 2012

Montréal, QC -

Un grand jour pour la santé selon la Société canadienne du cancer

Montréal, le 5 juin 2012 — C’est avec une immense satisfaction que la Société canadienne du cancer (SCC) – Division du Québec accueille l’adoption de la loi 74 qui interdira désormais la vente de services de bronzage aux jeunes de moins de 18 ans. Elle félicite et remercie le ministre de la Santé, le Dr Yves Bolduc, pour ce geste important ainsi que tous les élus du Québec qui ont voté unanimement pour cette nouvelle législation.

« La loi 74 est une grande victoire pour la santé du public. On oublie trop souvent de travailler en amont et de prévenir les cancers qui sont évitables. Les mesures annoncées ce matin contribueront certainement à diminuer le nombre croissant de cancers de la peau », déclare Suzanne Dubois, directrice générale de la Société canadienne du cancer – Division du Québec.

Avec une loi plus complète que celles adoptées en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique, le Québec fait véritablement preuve de leadership dans le dossier des cancers cutanés. La présente loi prévoit :

  • L’interdiction de vendre ou d’offrir des services de bronzage artificiel aux moins de 18 ans sous peine d’amende (de 500 $ à 15 000 $ pour l’exploitant du salon, et d’un maximum de 100$ pour le jeune qui se procure ce service).
  • L’interdiction de toute publicité, directe ou indirecte, en faveur du bronzage artificiel destinée aux mineurs, ou encore fausse ou trompeuse (laissant croire, par exemple, à l’innocuité des lits de bronzage). L’interdiction s’applique également au nom du salon.
  • L’obligation de doter toute publicité en faveur du bronzage d’une mise en garde sur les effets nocifs du bronzage artificiel et d’une mention claire sur l’interdiction aux mineurs. Dans le cas contraire, le commerçant et le média diffusant la publicité sont passibles d’une amende de 500 $ à 15 000 $.
  • La déclaration obligatoire de toute activité de vente de services de bronzage au registre des entreprises.
  • La mise en place de mécanismes d’inspection des commerces par le Ministère de la Santé (MSSS), de même que la possibilité, pour une municipalité qui le désire, de se doter de sa propre équipe d’inspecteurs.
  • Une obligation de réviser la loi aux cinq ans.

Plus de 1000 salons de bronzage sont présentement actifs au Québec, et plusieurs se trouvent dans des endroits insolites : agences de voyage, clubs vidéo, dépanneurs ou buanderies. La loi prévoit la production d’affichettes et de mises en garde indiquant l’interdiction d’accès aux mineurs, qui devront être affichées sur la porte de chaque commerce. La SCC est également satisfaite que le MSSS ait prévu une campagne de sensibilisation et d’information sur les dangers du bronzage artificiel et sur le contenu de la présente loi.

Au cours de la dernière année, la SCC a recueilli les signatures de 60 000 Québécois pour démontrer au gouvernement l’accord de la population avec une loi pour protéger les jeunes des méfaits des UV artificiels. La SCC a aussi reçu l’appui de 65 organismes représentant plus de 600 groupes. « C’est un travail de terrain qui s’est effectué aux quatre coins de la province et qui a su rallier les gens. Nous sommes vraiment fiers que notre campagne de mobilisation ait été entendue par les élus », affirme Mélanie Champagne, coordonnatrice, Questions d’intérêt public, SCC – Division du Québec.

 

La SCC aurait tout de même souhaité que le projet de loi s’attaque, comme dans le cas du tabac, aux publicités de type « style de vie ». « L’industrie met trop souvent de l’avant des publicités où le bronzage est montré comme quelque chose de nécessaire pour être beau, sexy et heureux. Les jeunes y sont extrêmement sensibles », ajoute Madame Champagne. Un permis payant devrait également être imposé aux commerçants qui offrent des services de bronzage comme c’est le cas pour la vente d’alcool ou de tabac. La SCC recommande finalement, dans une prochaine étape, d’instaurer une taxe de 10 % à l’achat de toute séance de bronzage, comme cela se fait aux États-Unis.

Un grand succès pour les personnes touchées de près…

« Quand j’ai commencé à aller au salon de bronzage à 15 ans, on ne parlait pas des effets néfastes, et pas du tout du cancer. Ado, jamais personne ne m’a refusé l’accès. La loi 74 va empêcher les jeunes de se créer un cancer sans le savoir et c’est remarquable », se réjouit Geneviève Phénix, 32 ans, survivante de deux mélanomes.

« En parlant de mon histoire, j’ai pensé que si mon visage, mes cicatrices et ma situation touchaient une seule adolescente, ce serait mission accomplie. Avec la loi et la campagne de sensibilisation, on va rejoindre tous les jeunes du Québec et toute la population », résume Rachelle Pitre, 31 ans, survivante de multiples cancers de la peau.

« Le vote de la loi 74 m’a littéralement coupé le souffle, m’a grandement ému et me donne une occasion de plus de dire un énorme merci à la Société canadienne du cancer pour tout ce qu’elle a fait », souligne Yvon Roy, survivant d’un mélanome et père de quatre enfants.

« Merci au nom de mes filles qui grandiront bien assez vite et qui seront protégées par une loi qui était nécessaire », a pour sa part ajouté Annie Gloutney, 42 ans, atteinte d’une récidive de mélanome.

Faits sur le bronzage artificiel

  • Le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent au Québec (de 22 000 à 35 000 cas par année selon les sources).
  • Les rayons des lits de bronzage sont de 5 à 15 fois plus forts que le soleil de midi.
  • Les chances de développer un mélanome augmentent de 75 % pour les personnes qui utilisent les cabines de bronzage avant l’âge de 35 ans.
  • Près de 250 000 jeunes Québécois de 15 à 29 ans, soit 16 %, utilisent le bronzage artificiel 11 fois l’an en moyenne — 160 000 femmes (22 %) contre 90 000 hommes (11,5 %).
  • Le traitement des cancers de la peau n’est pas « bénin » et simple : chirurgies mutilantes, traitements, douleur, convalescence et changement important des habitudes face au soleil (FPS 60 requis tous les jours, 12 mois par année).

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444