Réaction de la Société canadienne du cancer à la publication de l’avis de l’INSPQ : Un pas de plus vers une loi pour encadrer l’industrie du bronzage artificiel

31 octobre 2011

MONTRÉAL -

La Société canadienne du cancer (SCC) se réjouit de la publication de l’avis émis ce matin par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), soit l’analyse des mesures règlementaires portant sur l’utilisation des appareils de bronzage par les jeunes âgés de moins de 18 ans.

Après un tour d’horizon complet des données scientifiques et des mesures existantes, le comité d’experts de l’INSPQ suggère au gouvernement de mettre en place une règlementation encadrant l’industrie du bronzage. Une telle règlementation est souhaitée depuis longtemps par plusieurs organismes de santé, dont la SCC et l’Association des dermatologues du Québec, qui ont d’ailleurs participé à la réflexion entourant cet avis.

« Le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent au Québec et présentement, aucune législation n’encadre l’industrie des salons de bronzage. C’est un non-sens! », souligne André Beaulieu, directeur par intérim des affaires publiques de la Société canadienne du cancer – Division du Québec. Nous parlons régulièrement à des jeunes femmes survivantes de mélanomes, des cancers qui auraient pu être évités si une loi et d’autres mesures règlementaires avaient été mises en place pour elles. L’avis de l’INSPQ démontre la pertinence et la nécessité d’une action politique rapide dans le but de prévenir d’autres cancers de la peau. »

Forte des conclusions de cette publication majeure, la SCC réitère ses demandes et presse le gouvernement du Québec :

  1. D’interdire la vente de services de bronzage artificiel aux jeunes de moins de 18 ans. Cette mesure est déjà en vigueur dans de nombreuses juridictions : Australie, France, Allemagne, Portugal, Pays de Galles, Écosse, Belgique, Espagne, Angleterre, Nouvelle-Écosse et district de Victoria, en Colombie-Britannique.
  2. De mettre sur pied un registre québécois de tous les commerces offrant des services de bronzage artificiel. Plus de 1000 salons de bronzage sont actifs au Québec incluant les appareils exploités dans des commerces insolites (agences de voyage, clubs vidéo ou dépanneurs).
  3. De restreindre les pratiques marketing des salons de bronzage, en leur interdisant de cibler les jeunes: coupons-rabais dans les agendas scolaires, promotions lors des bals de finissants, etc.

Sachant qu’une mise en vigueur de ces mesures contribuera à diminuer l’incidence des cancers de la peau, la SCC a demandé à la population de l’appuyer, grâce à la signature d’une pétition (en ligne). « Déjà près de 57 000 Québécois ont signé la pétition de la SCC (versions papier et électronique). Les sondages effectués démontrent que 89 % des Québécois sont d’accord pour interdire l’accès aux salons de bronzage aux mineurs. Chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, ce sont 3 jeunes Québécois sur 4 qui y sont favorables », explique André Beaulieu. La pétition sera déposée par extraits au cours du mois de novembre à l’Assemblée nationale, par plus de 30 députés de tous les horizons politiques.

« Les experts en santé publique, les dermatologues, les intervenants en cancer et la population en général parlent d’une même voix pour demander une loi encadrant le bronzage artificiel. Le ministre de la Santé, le Dr Yves Bolduc, a maintenant toutes les cartes en main pour agir rapidement en ce sens et c’est ce que nous attendons de lui », ajoute M. Beaulieu.

Le cancer de la peau : quelques faits catastrophiques

  • Le cancer le plus courant au Canada : près de 80 000 nouveaux cas en 2011.
  • Une croissance fulgurante : depuis 1990, les cas de mélanome, le cancer de la peau le plus meurtrier, ont plus que doublé au Canada.
  • 1 diagnostic de cancer de la peau toutes les 7 minutes, 1 décès toutes les 7 heures.

Bronzage artificiel = beauté? Les apparences sont trompeuses

  • L’exposition au bronzage artificiel, avant l’âge de 35 ans, augmente de 75 % le risque de développer un mélanome.
  • 76 % des cas de mélanomes chez les 18-29 ans, adeptes du bronzage artificiel sont attribuables à l’usage des lits de bronzage.
  • Les rayons UV des lits de bronzage sont de 5 à 15 fois plus forts que le soleil de midi.
  • Les lits de bronzage sont classés dans la catégorie des risques de cancer les plus élevés pour l’humain, au même titre que la cigarette ou l’amiante.

Le marketing des salons de bronzage cible surtout les jeunes femmes

  • Les jeunes fréquentent les salons de bronzage essentiellement pour des raisons de bien-être et d’esthétisme et l’industrie du bronzage artificiel mise grandement sur la beauté et les effets immédiats pour les attirer : 70 % des utilisateurs de lits de bronzage sont des femmes, principalement âgées de 16 à 29 ans.
  • Environ 160 000 jeunes Québécoises âgées de 15 à 29 ans ont utilisé en moyenne 11 fois un lit de bronzage dans la dernière année.

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444