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Déclaration de la Société canadienne du cancer sur l’amiante

27 mars 2016

Ottawa -

La Société canadienne du cancer demande au gouvernement fédéral d’adopter une loi visant à interdire tous les produits de l’amiante dans l’ensemble du pays.

L’exposition à l’amiante est la première cause de décès en milieu de travail au Canada, et seules des mesures nationales énergiques permettront de protéger les Canadiens. Par conséquent, la Société canadienne du cancer demande au gouvernement fédéral d’interdire la fabrication, l’utilisation, l’importation et l’exportation d’amiante et de matériaux et produits contenant de l’amiante.

Le Canada doit emboîter le pas des plus de 50 pays qui interdisent toutes les formes d’amiante, dont l’Australie, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, et qui, pour la plupart, ont légiféré en ce sens il y a des dizaines d’années. Pour l’Organisation mondiale de la Santé, « le moyen le plus efficace d’éliminer les maladies liées à l’amiante est de cesser d’utiliser ce matériau, sous quelque forme que ce soit. »

De plus, la Société presse le gouvernement de collaborer avec les provinces et territoires pour mettre en place une stratégie globale de réduction de l’amiante qui :

  • définit un échéancier clair pour l’adoption d’une loi et la mise en œuvre de l’interdiction de tous les nouveaux produits de l’amiante;
  • prévoit la déclaration obligatoire des immeubles publics contenant de l’amiante et la création de registres des immeubles fédéraux et provinciaux;
  • établit un système de surveillance nationale permettant de suivre l’état de santé des personnes déjà exposées à l’amiante et tous les cas de maladies liées à l’amiante au Canada;
  • mobilise et soutient les collectivités, entreprises et travailleurs touchés par une interdiction de l’amiante;
  • renforce la législation sur la sécurité en milieu de travail;
  • appuie l’ajout de l’amiante chrysotile à l’Annexe III de la Convention de Rotterdam;
  • intensifie activement la sensibilisation et l’éducation sur les dangers de l’exposition à l’amiante.
  • Malgré la fermeture de la dernière mine d’amiante du Canada en 2012, plus que 150 000 travailleurs canadiens sont encore exposés à l’amiante aujourd’hui. Les demandes d’indemnisation sont maintenant plus nombreuses pour les cancers professionnels que pour les blessures traumatiques et les maladies professionnelles; la majorité des cancers professionnels sont dus à une exposition à l’amiante.

Dans le monde, on estime que 107 000 personnes par année meurent d’une maladie liée à l’amiante. Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé toutes les formes d’amiante comme des substances carcinogènes connues pour l’être humain en 1987, et a confirmé cette classification en 2009. L’amiante est la première cause de mésothéliome,et est aussi à l’origine de cancers du poumon, du larynx et de l’ovaire. Des études montrent que l’amiante pourrait également augmenter le risque de cancers du pharynx, de l’estomac et colorectal. En plus du cancer, l’exposition à l’amiante cause l’amiantose, une maladie grave et invalidante parce qu’elle entraîne une fibrose des tissus pulmonaires.

En interdisant les nouveaux produits et l’utilisation future, nous pouvons faire en sorte que l’exposition diminue avec le temps. Cependant, l’exposition ne sera pas éliminée totalement. En raison de son utilisation antérieure, l’amiante est malheureusement déjà présent dans une multitude de maisons, bureaux et édifices publics. Son élimination complète prendra des années, d’où le besoin d’élaborer des registres de bâtiments et d’autres politiques pour assurer la sécurité des Canadiens, y compris ceux qui sont exposés à l’amiante dans le cadre de leur travail.

Alors qu’une hausse de 40 % du nombre de nouveaux cas de cancer est attendue au Canada d’ici 15 ans, la prévention du cancer doit être une priorité nationale. Le gouvernement fédéral a la responsabilité de protéger la santé et la sécurité de tous les Canadiens et, autant que possible, de réduire notre exposition à des substances dangereuses. Il est temps que le gouvernement s’acquitte de cette responsabilité et fasse preuve de leadership pour protéger les Canadiens contre l’amiante.

Renseignements :

Gabriel Miller

Directeur des questions d’intérêt public

Société canadienne du cancer

bureau national

Tél: 613-852-5404