Bonne nouvelle pour les Canadiens : l’amiante est interdit à l’échelle nationale

15 décembre 2016

Toronto -

La Société canadienne du cancer appuie la décision du gouvernement fédéral d’interdire la fabrication, l’utilisation, l’importation et l’exportation de produits d’amiante au Canada d’ici 2018. L’amiante est la principale cause de mortalité en milieu de travail au pays; depuis de nombreuses années, la Société demandait instamment au gouvernement fédéral d’interdire tous les produits d’amiante.

« Toutes les formes d’amiante causent le cancer », affirme Gabriel Miller, vice-président des politiques de santé, des questions d’intérêt public et de l’information sur le cancer à la Société canadienne du cancer. « On ne connaît aucun niveau d’exposition qui soit sans danger. Nous sommes très heureux de voir que le gouvernement reconnaît les énormes risques que l’amiante entraîne pour la santé. Cette interdiction permettra de sauver de nombreuses vies dans l’avenir. »

L’amiante est de loin la première cause de mésothéliome et une des causes des cancers du poumon, du larynx et de l’ovaire.

Bien que l’usage de l’amiante ait diminué globalement au cours des dernières décennies au Canada, on continue d’utiliser l’amiante et les produits qui en contiennent dans les plaquettes de frein ainsi que dans les panneaux, carreaux et conduits utilisés pour la construction.

Une fois l’interdiction en vigueur, le Canada se joindra à la cinquantaine de pays qui interdisent déjà l’utilisation de toutes les formes d’amiante, notamment l’Australie, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, où ces mesures sont en application depuis des dizaines d’années.

La Société s’attend à ce que le gouvernement fédéral collabore avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour soutenir les entreprises et les travailleurs qui seront touchés par l’interdiction de l’amiante.

Malgré la fermeture de la dernière mine d’amiante du Canada en 2012, plus de 150 000 travailleurs canadiens sont encore exposés à l’amiante aujourd’hui. Les demandes d’indemnisation sont maintenant plus nombreuses pour les cancers professionnels que pour les blessures traumatiques et les maladies professionnelles; or, la majorité des cancers professionnels sont dus à une exposition à l’amiante.

« L’utilisation de l’amiante a eu des conséquences terribles au Canada. Son interdiction permettra de prévenir dès maintenant le développement futur de cancers », ajoute Paul Demers, chef du comité directeur du Centre de recherche sur le cancer professionnel (Occupational Cancer Research Centre ou OCRC).

Dans le monde, on estime que 107 000 personnes par année meurent d’une maladie liée à l’amiante. Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé toutes les formes d’amiante parmi les substances carcinogènes pour l’être humain en 1987, et a confirmé cette classification en 2009. L’amiante, principale cause de mésothéliome, peut aussi entraîner les cancers du poumon, du larynx et de l’ovaire. Des études montrent que l’amiante pourrait également augmenter le risque de cancers du pharynx, de l’estomac et du côlon et rectum. En plus du cancer, l’exposition à l’amiante est à l’origine de l’amiantose, une maladie grave et invalidante consécutive à une fibrose des tissus pulmonaires.

L’histoire de Jesse

Jesse Todd a vu son beau-père, Howard Willems, emporté en 2012 par le mésothéliome, un cancer attribuable à l’exposition professionnelle à l’amiante. Howard avait commencé à travailler comme inspecteur en alimentation dans les années 80. Après son diagnostic, en 2010, Howard a démissionné et mis sur pied un organisme de sensibilisation aux maladies liées à l’amiante, la Saskatchewan Asbestos Disease Awareness Organization. Après le décès d’Howard, Jesse a pris sa relève comme directeur et poursuivi son travail afin que l’amiante cesse de faire des victimes parmi les Canadiens.

« L’histoire de mon beau-père montre à quel point l’amiante peut être dangereux. Le Canada doit absolument protéger les générations à venir et l’annonce d’aujourd’hui est un bon pas en ce sens. »

Plus de détails sur les effets de l’amiante au Canada (en anglais seulement)

À propos de la Société canadienne du cancer

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l’éradication du cancer et l’amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Grâce à nos donateurs et à nos bénévoles, la Société est l’organisme qui a le plus d’impact, sur le plus de cancers, dans le plus de collectivités au Canada. Pour plus d’information, visitez cancer.ca ou appelez sans frais notre Service bilingue d’information sur le cancer au 1 888 939-3333 (ATS : 1 866 786-3934).

Renseignements :

Rosie Hales

Spécialiste des communications

Société canadienne du cancer

bureau national

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