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Fiche d’information médias no 1 : Prévisions relatives au fardeau futur du cancer au Canada

27 mai 2015

Toronto -

Le rapport Statistiques canadiennes sur le cancer 2015 a été publié aujourd’hui par la Société canadienne du cancer, en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada. Il comprend un chapitre sur un sujet particulier : les prévisions relatives au fardeau futur du cancer au Canada.

Aperçu

On prévoit que le vieillissement et la croissance de la population canadienne entraîneront une forte hausse du nombre de cas de cancer d’ici 2030 (environ 40 % de plus qu’en 2015). Ces prévisions à long terme sont utiles aux fins de planification, que ce soit pour la prévention, la détection précoce, le traitement, les questions psychosociales, les soins palliatifs et médicaux ou la recherche. Les données régionales sur l’incidence future de cancer peuvent aussi aider à définir les priorités en matière de santé à l’échelle nationale et provinciale ou territoriale.

Méthodologie

Le chapitre sur le sujet mise en lumière cette année repose en partie sur une étude qu’a menée l’Agence de la santé publique du Canada sur le nombre de nouveaux cas diagnostiqués et les taux d’incidence prévus jusqu’en 2028-2032 pour 25 types de cancer, en utilisant les données canadiennes sur le cancer (« Incidence du cancer au Canada : tendances et projections (1983-2032) », article publié dans la revue Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada : Recherche, politiques et pratiques, volume 35, printemps 2015). Au moment de la rédaction de cette étude, les plus récentes données nationales connues sur les diagnostics de cancer remontaient jusqu’en 2007. C’est pourquoi des périodes de 5 ans allant jusqu’à 2003-2007 servent de périodes de référence pour les prévisions à long terme présentées dans le chapitre.

Puisque les données et estimations sont des moyennes pour des périodes de cinq ans, nous avons, par souci de simplicité, désigné chaque période par son année médiane dans toute la documentation. Ainsi, la période 2003-2007 est exprimée par « 2005 ».

Les prévisions pour l’avenir dépendent de plusieurs postulats. Par exemple, il est supposé que les tendances antérieures se maintiendront dans les années à venir, et que la prévalence de la plupart des facteurs de risque sera relativement stable durant la période de projections. Les tendances peuvent changer au fil du temps, mais on s’attend à ce que ces prévisions se révèlent exactes.

Le chapitre contient aussi une série de scénarios, élaborés à partir du Modèle de gestion des risques de cancer du Partenariat canadien contre le cancer, qui montrent l’impact de certaines interventions de lutte contre le cancer. Ces scénarios permettent aux dirigeants des systèmes de santé, aux chercheurs et aux décideurs d’évaluer des scénarios « qu’arriverait-il si » liés à de possibles interventions de lutte contre le cancer.

Les scénarios obtenus avec le Modèle du Partenariat ont porté sur plusieurs types de cancer et visaient à évaluer, par exemple :

  • les effets potentiels qu’un dépistage du cancer du poumon chez des fumeurs et d’anciens gros fumeurs aurait ultérieurement sur l’incidence du cancer du poumon et la mortalité due à ce type de cancer, de même que les coûts associés au dépistage;
  • les effets potentiels qu’un dépistage du cancer colorectal par la recherche de sang occulte dans les selles aurait ultérieurement sur l’incidence de cancer colorectal et la mortalité due à ce type de cancer, de même que les coûts associés au dépistage.

Points saillants

Nouveaux cas de cancer dans les prochaines années

  • D’ici 2030, le nombre annuel moyen de nouveaux cas de cancer augmentera, selon les estimations, de près de 80 % par rapport à ce qu’il était en 2005. Il y aurait donc 277 000 nouveaux cas en 2030, comparativement à quelque 200 000 en 2015 et 155 000 en 2005.
  • En un peu plus de deux décennies, entre 2005 et 2030, le nombre de cas grimpera :
    • de 46 % pour le cancer du poumon;
    • de 97 % pour le cancer de la prostate, qui sera le cancer le plus fréquent en 2030;
    • de 55 % pour le cancer du sein chez les femmes;
    • de 79 % pour le cancer colorectal.
  • La hausse prévue du nombre de nouveaux cas de cancer, tant chez les hommes que chez les femmes, sera principalement due au vieillissement de la population canadienne et, dans une moindre mesure, à sa croissance.
  • Entre 2005 et 2030, le Canada verra sa population augmenter de près de 30 %, ou d’environ 9,5 millions d’habitants. Pendant cette période, la proportion de Canadiens âgés de 65 ans et plus passera de 1 sur 8 à 1 sur 4, approximativement.
  • Durant la même période, on prévoit que le nombre de nouveaux cas de cancer va plus que doubler chez les personnes de 65 ans et plus. C’est dans ce groupe d’âge que l’on s’attend à retrouver le plus de nouveaux cas de cancer.
  • Les quatre types de cancer les plus diagnostiqués en 2015 continueront de l’être jusqu’en 2030. Le cancer le plus fréquent sera celui de la prostate, suivi du cancer colorectal, puis des cancers du poumon et du sein.
  • On croit que le cancer colorectal remplacera le cancer du poumon au deuxième rang des cancers les plus diagnostiqués chez les hommes d’ici 2030. Le changement s’explique en partie par la baisse des taux de tabagisme et l’incidence décroissante de cancer du poumon qui en résulte.
  • Si un dépistage du cancer colorectal par une recherche de sang occulte dans les selles était effectué chez 80 % des Canadiens de plus de 50 ans, il pourrait permettre de sauver 40 000 vies au cours des 15 prochaines années.
    • Par rapport aux chiffres de 2005, le plus fort pourcentage d’augmentation du nombre de nouveaux cas serait observé pour bon nombre des cancers plus rares comme ceux du foie (162 %) et de la thyroïde (144 %).

Risque qu’une personne soit atteinte d’un cancer dans les prochaines années

  • Le taux d’incidence standardisé pour l’âge – un indicateur du risque individuel – restera à peu près le même.
    • Le taux d’incidence est le nombre de nouveaux cas de cancer par 100 000 personnes.
    • Le taux d’incidence connaîtra une légère baisse chez les hommes (passant de 465 à 443 cas par 100 000 hommes) et une légère hausse chez les femmes (passant de 358 à 371 cas par 100 000 femmes).
    • Les taux d’incidence des différents types de cancer vont probablement changer à divers degrés d’ici 2030, selon les principaux facteurs de risque en cause :
      • Les taux d’incidence de la plupart des cancers liés au tabagisme vont diminuer graduellement.
      • Les autres importants facteurs de risque de cancer, tels que l’excès de poids, la sédentarité, une mauvaise alimentation, la consommation d’alcool et l’infection, auront des effets sur différents types de cancer, à divers degrés.

Influence des facteurs de risque sur le fardeau futur du cancer

  • Les principaux facteurs de risque modifiables pour le cancer sont le tabagisme, l’embonpoint ou l’obésité, la sédentarité, l’alimentation ou la nutrition, l’exposition aux rayons ultraviolets, la consommation d’alcool, certaines infections, les médicaments et les contaminants présents dans les milieux de travail et dans l’environnement.
  • La proportion de nouveaux cas de cancer attribués à chaque facteur de risque varie selon le type de cancer.
  • Des facteurs de risque non modifiables, tels que la génétique et l’âge avancé, influent également sur le risque d’apparition d’un cancer.

Implications de ces prévisions

  • Les prévisions sur l’incidence de cancer peuvent fournir une base de données pour les stratégies de planification des ressources et des infrastructures en vue d’assurer la pérennité des soins contre le cancer.
  • La réduction du risque de cancer jouera un rôle important dans le fardeau futur de cette maladie. Par conséquent, il faudra continuer de renforcer les méthodes de prévention et de détection précoce pour réduire l’incidence du cancer à plus long terme.

Se préparer à l’explosion des cas de cancer

  • Éducation et formation des spécialistes médicaux requis pour la prestation des soins au nombre grandissant de personnes atteintes de cancer, comme des oncologues, des médecins de famille, des infirmières, des techniciens, et des préposés aux services de soutien personnel;
  • Infrastructures, comme des centres de diagnostic et de traitement, des centres d’oncologie et des ressources de soins de soutien communautaire;
  • Recherche sur la planification des soins contre le cancer et l’élaboration de politiques publiques efficaces, y compris la planification des ressources humaines;
  • Amélioration du soutien offert aux aidants familiaux de même qu’aux survivants du cancer.

Ce que la Société canadienne du cancer fait pour s’attaquer au problème

Voici comment la Société va jouer un rôle clé dans la préparation au nombre croissant de cas de cancer :

  • En subventionnant d’excellents projets de recherche dans l’ensemble du Canada pour trouver plus de réponses au sujet du cancer. L’an dernier, la Société a investi 44 millions de dollars dans des recherches de calibre mondial pour lutter contre tous les cancers. Nous finançons des recherches qui améliorent les connaissances sur la biologie du cancer, de même que des recherches sur la prévention du cancer, le traitement et les essais cliniques, des questions psychosociales, la qualité de vie et les soins palliatifs.
  • En offrant un vaste éventail de programmes et de services pour prévenir le cancer et soutenir les personnes touchées par le cancer. L’an dernier, nous avons aidé plus de 85 000 Canadiens grâce à nos services d’information et de soutien, notamment le soutien par téléphone et en ligne, le soutien psychosocial, les programmes de transport vers les centres de traitement, les programmes d’abandon du tabagisme, les prothèses capillaires, les camps, les maisons d’hébergement et bien plus encore.
  • En menant auprès des gouvernements, au nom des Canadiens, des activités de défense de l’intérêt public sur des questions liées à la prévention et aux soins contre le cancer. Par exemple, la Société intervient dans tous les aspects de la lutte contre le tabagisme, sensibilise au radon, exerce des pressions dans des dossiers comme l’amiante et le bronzage artificiel et réclame un meilleur soutien pour les proches aidants de même qu’un accès égal aux médicaments anticancéreux pour tous les Canadiens.

Tous les taux d’incidence et de mortalité sont ajustés en fonction de l’âge. Pour en savoir plus sur les Statistiques canadiennes sur le cancer 2015, visitez cancer.ca/statistiques.

Communiqué de presse 

Le rapport Statistiques canadiennes sur le cancer 2015 est préparé grâce au partenariat entre la Société canadienne du cancer, l’Agence de la santé publique du Canada, Statistique Canada et les registres du cancer provinciaux et territoriaux.

À propos de la Société canadienne du cancer

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l’éradication du cancer et l’amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Grâce à nos donateurs et à nos bénévoles, la Société est l’organisme qui a le plus d’impact, sur le plus de cancers, dans le plus de collectivités au Canada. Forts des progrès réalisés, nous travaillons avec les Canadiens afin de changer le cancer pour toujours. Pour plus d’information, visitez cancer.ca ou appelez sans frais notre Service bilingue d’information sur le cancer au 1 888 939-3333 (ATS : 1 866 786-3934).

Renseignements :

Brooke Kelly

Coordonnateur des communications

Société canadienne du cancer

bureau national

Téléphone : 416-934-5321