Une étude sur le cancer pour améliorer la survie chez les humains et les chiens

16 avril 2014

Toronto -

Grâce à une Subvention pour l'innovation de 165 000 $ offerte par la Société canadienne du cancer, une équipe de recherche de l'Université de la Saskatchewan traitera des chiens atteints d’un lymphome résistant aux médicaments afin de découvrir pourquoi cette résistance survient et de trouver des moyens de la renverser. Bien que les scientifiques aient identifié les différents mécanismes jouant un rôle dans la résistance aux médicaments contre le cancer, la résistance demeure un grand problème et des traitements efficaces font toujours défaut.

« Le cancer que nous étudions, le lymphome, ressemble beaucoup au lymphome non hodgkinien chez l’humain. Il est spontané et répond aux médicaments. Nous avons recours aux mêmes traitements et, d’une manière similaire chez les chiens comme les humains, les cancers deviennent résistants aux médicaments, explique le chercheur principal, le Dr Troy Harkness, généticien moléculaire et professeur à l’université. Puisque les chiens vieillissent plus vite que les humains, leur maladie évolue plus rapidement et nous sommes donc en mesure d'observer des résultats beaucoup plus tôt. »

Les chiens participant à l'étude ont un lymphome qui résiste aux médicaments. Ils seront traités en consultation externe et les résultats de leurs traitements seront analysés dans le cadre de cette étude.

Depuis plus de dix ans, le Dr Harkness centre principalement sa recherche sur les cancers qui ne répondent plus aux traitements. L’année dernière, son équipe de recherche a commencé à étudier l'effet de la metformine chez des chiens atteints d’un lymphome résistant aux médicaments. La metformine est un médicament utilisé depuis longtemps pour traiter le diabète de type 2. On croit qu’elle aurait également des propriétés anticancéreuses : en effet, la metformine pourrait réduire le risque de cancer et il semblerait qu’elle ait aussi un effet sur les cancers déjà existants.

Au cours de cette étude, les chercheurs associeront la metformine à la chimiothérapie standard afin d’évaluer si cette association rend les chiens de nouveau sensibles aux médicaments anticancéreux. Pour comprendre les effets de ce médicament sur le cancer, les chercheurs identifieront des marqueurs moléculaires de la résistance aux médicaments, vérifieront si ceux-ci retournent à la normale en présence de metformine et créeront une base de données des modifications génétiques associées à l'apparition du lymphome chez les chiens. Les chercheurs de la Saskatchewan sont les premiers au monde à examiner comment la metformine pourrait renverser la résistance aux médicaments dans les cas de lymphome chez les chiens.

Une équipe de vétérinaires (Drs Val MacDonald et Casey Gaunt du Western College of Veterinary Medicine) prendra soin des chiens participant à l'étude. Parmi cette équipe unique de scientifiques, on compte également des experts en endocrinologie médicale (Dre Terra Arnason) et en bio-informatique (Dr Tony Kusalik). Une équipe multidisciplinaire est essentielle pour comprendre quels gènes sont activés ou désactivés et pour déterminer les cibles éventuelles de nouveaux médicaments.

« Nous croyons que ce que nous découvrirons chez les chiens s’appliquera chez les humains. Si nous trouvons la bonne association, nous pourrions être capables de déceler plus tôt le moment où la résistance à plusieurs médicaments survient, de cibler les patients chez qui elle se développe et de leur offrir un traitement différent qui pourrait s’avérer plus efficace », affirme le Dr Harkness.

Au cours des deux prochaines années, l'équipe devrait recueillir suffisamment de données pour déterminer si la metformine aide bien à renverser la résistance aux médicaments. Le cas échéant, une étude semblable pourrait ensuite être menée chez des humains afin d’appliquer sur des personnes ce que l'équipe aura appris chez les chiens.

Visionnez notre vidéo (en anglais)

« Des avenues uniques peuvent nous mener à étendre nos connaissances sur le cancer. Soutenir des projets qui abordent la recherche sur le cancer d’un angle différent constitue l’un des objectifs de notre programme de subventions pour l’innovation, dit la Dre Siân Bevan, directrice de la recherche à la Société canadienne du cancer. La recherche du Dr Harkness pourrait nous permettre de mieux comprendre le développement de la résistance à plusieurs médicaments et ainsi ouvrir la voie à de meilleurs moyens pour déceler cette résistance plus tôt, identifier les cibles de nouveaux traitements et aider les patients dont le cancer est résistant à vivre plus longtemps. »

Les Subventions pour l’innovation de la Société canadienne du cancer visent à soutenir l’innovation, la résolution créative de problèmes ainsi que des concepts, approches ou méthodologies scientifiques peu conventionnelles pour la recherche sur le cancer. Cette année, la Société a octroyé 46 bourses d’une valeur totale d’environ 9 millions de dollars.

Voici quelques autres nouvelles subventions pour l’innovation. La liste complète. Les subventions attribuées au Québec sont résumées dans cette liste en français.

Dr Kevin Petrecca, Université McGill, Montréal, 170 500 $ – Le Dr Petrecca étudie les causes génétiques de la propagation du glioblastome, le cancer du cerveau le plus fréquent chez les adultes. Il a découvert un gène jouant un rôle très important dans cette propagation, le gène DRR. Le Dr Petrecca élabore présentement un traitement de silençage génique qui bloque l’expression de ce gène et en évalue l’efficacité sur des souris.

La subvention du Dr Petrecca a été nommée Subvention pour l’innovation de la Société canadienne du cancer Brooke’s Donkeys pour honorer les efforts remarquables de Brooke’s Donkeys, l’une des équipes des Relais pour la vie ayant amassé le plus de fonds au Canada au cours des trois dernières années. Depuis 2011, cette équipe a récolté 200 000 $.

Dr Wan Lam, Centre de recherche sur le cancer de la Colombie-Britannique, Vancouver, 200 000 $ – Le cancer du poumon est l'un des cancers les plus meurtriers et son traitement est associé à des effets secondaires. Le Dr Lam étudie le rôle que jouent les cellules immunitaires dans le développement du cancer du poumon. Il s’intéresse à un nouveau type d’immunothérapie ciblant le microenvironnement des tumeurs. Son équipe recueillera des échantillons auprès de personnes en santé et comparera ceux-ci à des échantillons provenant de patients atteints de cancer du poumon afin de relever les différences entre les types de cellules immunitaires et leur fonctionnement. Elle évaluera si un nouveau traitement permettant de cibler des organes spécifiques, l’immunomodulation spécifique au site (ISS), déclenche une réponse immunitaire contre les tumeurs dans les cas de cancers du poumon. Cela pourrait conduire à l’élaboration de nouveaux traitements contre le cancer du poumon.

Dre Sabine Mai, Université du Manitoba, Winnipeg, 198 210 $ – Lorsque les cellules normales deviennent cancéreuses, l’architecture de leur ADN change, c’est-à-dire que des modifications surviennent dans la façon dont le matériel génétique est organisé au sein des cellules. La Dre Mai a recours à la microscopie à très haute résolution pour comparer les cellules normales aux cellules cancéreuses et relever les changements dans l’architecture de leur ADN. Ces travaux permettront d’approfondir notre compréhension du développement du cancer et d’identifier de nouveaux biomarqueurs structuraux pour définir les stades et identifier les cellules cancéreuses.

Dre Shana Kelley, Université de Toronto, 200 000 $ – Il est plus facile de traiter le cancer lorsque celui-ci est diagnostiqué tôt. Toutefois, certains cancers, comme ceux affectant le cerveau, sont difficiles à détecter à un stade précoce. La Dre Kelley élabore une nouvelle façon de diagnostiquer les cancers à un stade précoce grâce à une simple analyse sanguine. On sait depuis peu que les tumeurs sécrètent des microparticules. La Dre Kelley se basera sur cette découverte récente pour concevoir un appareil permettant de recueillir ces particules et d’analyser les renseignements qu’elles donneront sur la tumeur. Cet appareil pourrait servir à détecter les premiers signes qu'une tumeur est apparue et à identifier les cancers agressifs nécessitant un traitement immédiat

Grâce à ses généreux donateurs et à son excellent système d’évaluation par les pairs, la Société canadienne du cancer subventionne la meilleure recherche sur le cancer au Canada. Les chercheurs que nous finançons travaillent dans des universités, des hôpitaux et des centres de recherche partout au pays afin d’établir de nouvelles façons de changer le cancer pour toujours. Pour de plus amples renseignements, visitez cancer.ca ou appelez le Service d’information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939-3333 (ATS : 1 866 786-3934).

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340