Il faut en faire plus pour mettre fin aux pénuries de médicaments au Canada

24 juillet 2012

Toronto -

La Société canadienne du cancer, inquiète des pénuries récurrentes de médicaments au Canada, a élaboré un plan d’action et formulé des recommandations qui seraient, à son avis, des moyens efficaces de remédier à la situation.La Société exhorte le gouvernement fédéral d’adopter et de mettre son plan en place.

La recommandation principale est qu’il doit y avoir un organisme – Santé Canada – chargé des fonctions suivantes :

  • Encadrer les efforts en vue de prévenir les pénuries de médicaments.
  • Montrer la voie à suivre et coordonner une réponse aux pénuries.
  • Fournir aux Canadiens des mises à jour régulières, exhaustives et claires sur ces efforts en cours.

« Lorsqu’il s’agit de résoudre un problème national complexe qui met en cause de nombreux intervenants, il faut une réponse coordonnée par une entité, dit Paul Lapierre, vice-président,Affaires publiques et lutte contre le cancer, Société canadienne du cancer. Santé Canada doit assumer son leadership et travailler en étroite collaboration avec les professionnels de la santé, les groupes de patients, les fabricants et d’autres ordres de gouvernement pour contrer les pénuries de médicaments avant qu’elles s’aggravent et touchent encore plus de patients. »

La Société croit fermement que tout plan visant à éliminer les pénuries de médicaments doit être axé sur les besoins des patients.

« Il faut que les patients puissent obtenir les médicaments nécessaires en temps opportun, sans interruption et sans contraintes financières, ajoute Dan Demers, directeur, Questions d’intérêt public, Société canadienne du cancer. Il est inacceptable que des patients qui traversent déjà une période difficile craignent de ne pas avoir les médicaments nécessaires pour leur traitement. »

Les pénuries de médicaments ont été plus fréquentes depuis les deux ou trois dernières années, tant au Canada que partout ailleurs dans le monde. Plus récemment, le fabricant Sandoz Canada a ralenti la production de son usine au Québec. Les pénuries dues à ce ralentissement ont été particulièrement préoccupantes pour les patients atteints de cancer, car Sandozest la source d’approvisionnement pour environ 90 % des produits injectables utilisés au Canada, notamment des analgésiques, et est le principal fournisseur de médicaments anticancéreux et de médicaments de soutien génériques.

Le plan d’action de la Société canadienne du cancer contre les pénuries de médicaments

Notre position

La Société canadienne du cancer croit que les patients atteints de cancer doivent avoir accès à des soins de grande qualité au moment où ils en ont besoin, peu importe où ils habitent au Canada. La Société canadienne du cancer croit que tout plan visant à éliminer les pénuries de médicaments doit être axé sur les besoins des patients. Il faut que les patients puissent obtenir les médicaments nécessaires en temps opportun, sans interruption et sans contraintes financières.

Recommandation principale

Il doit y avoir un organisme – Santé Canada – chargé des fonctions suivantes :

  • Encadrer les efforts déployés en vue de prévenir à la source les pénuries de médicaments.
  • Montrer la voie à suivre et coordonner une réponse aux pénuries.
  • Fournir aux Canadiens des mises à jour régulières, exhaustives et claires sur ces efforts en cours.

Santé Canada doit travailler en étroite collaboration avec les professionnels de la santé, les groupes de patients, les fabricants de médicaments et d’autres ordres de gouvernement pour prévenir les contrecoups des pénuries et les réduire le plus possible.

Santé Canada est l’organisme qui réglemente les médicaments. Elle les approuve et les homologue pour la vente, surveille leur innocuité, fixe le prix maximal et régit les pratiques permises pour les entreprises pharmaceutiques.

Recommandations pour la prévention des pénuries

  • Santé Canada, de concert avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les organismes de groupement d’achats et l’industrie, doit établir et corriger les diverses causes des pénuries de médicaments afin que de telles situations ne se reproduisent plus.
  • L’industrie de la fabrication des médicaments et de l’approvisionnement en médicaments doit tout mettre en œuvre pour prévenir les pénuries et en réduire le plus possible les contrecoups lorsqu’il y en a. L’industrie doit afficher une volonté d’ouverture, de transparence et de communication de l’information au bon moment. La Société est consciente des pressions économiques et des impératifs de production auxquels les fabricants sont confrontés; quoi qu’il en soit, les patients doivent être la priorité absolue.
  • Les pénuries de médicaments sont dues à diverses causes, notamment à une pénurie de matières premières, à des décisions d’affaires prises par les fabricants et fournisseurs et à des arrêts de production. Dans certains cas, elles peuvent cependant être aggravées par le type de contrat d’achat négocié. La Société comprend que l’achat de médicaments est une échelle mobile. D’une part, une source d’approvisionnement unique réduit probablement les coûts en raison de l’achat de grandes quantités, mais pourrait augmenter les risques de pénurie si le fournisseur unique était incapable de remplir ses obligations. D’autre part, l’approvisionnement auprès de plusieurs fournisseurs diminue l’exposition aux pénuries, fournisseurs diminue l’exposition aux pénuries, mais peut faire grimper le coût des médicaments. La Société croit que la solution réside dans une approche équilibrée quant à cette échelle.
  • Si les acheteurs de médicaments optent pour une seule source d’approvisionnement, la Société recommande l’ajout de mesures de protection supplémentaires, comme exiger, en tant que condition de vente, que les fabricants donnent des garanties d’approvisionnement et nommer une source substitut au besoin. En outre, comme c’est le cas en Nouvelle-Zélande, les fabricants absorberaient tous les coûts supplémentaires si cette source substitut devait être utilisée.
  • Santé Canada doit de plus, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, examiner les contrats d’achat des médicaments essentiels afin que les contrats conclus avec un seul fournisseur soient repérés et qu’il soit possible de chercher des fournisseurs substituts.

Recommandations pour la gestion des pénuries

Lorsque des pénuries de médicaments surviennent, Santé Canada, les provinces et territoires, les organismes de groupement d’achats et les fabricants de médicaments doivent prendre, entre autres, les mesures additionnelles suivantes :

  • Santé Canada doit coordonner la gestion des pénuries de médicaments pour empêcher qu’elles s’aggravent, en intervenant comme suit :
    • Demander aux fabricants du pays d’accroître leur production, si possible.
    • Traiter en accéléré les demandes d’approbation de médicaments substituts sûrs, efficaces et comparables, tout au long de la pénurie.
    • Évaluer les fournisseurs d’autres pays et délivrer des permis appropriés pour l’importation.
  • Les fabricants de médicaments doivent informer Santé Canada six mois à l’avance d’un arrêt de la production d’un produit, comme ils sont tenus de le faire aux États-Unis.
  • Les fabricants de médicaments doivent aviser Santé Canada de toute pénurie prévisible d’un produit dès qu’ils se rendent compte d’une telle éventualité.
  • Toutes les parties doivent démontrer leur volonté d’ouverture et de transparence en diffusant aux patients et aux professionnels de la santé, à intervalles réguliers, de l’information claire et exacte sur les causes de la pénurie, la durée prévue et les médicaments substituts disponibles qui permettent d’obtenir des résultats équivalents pour les patients.
  • L’accès aux médicaments est primordial et devrait être maintenu sans coût supplémentaire pour les patients si une substitution de médicaments est nécessaire à cause d’une pénurie. Dans la mesure du possible, il ne devrait pas y avoir de coûts supplémentaires pour les payeurs.
  • Les médicaments substituts doivent être distribués de façon équitable lorsqu’ils deviennent disponibles sur le marché.
  • Si des médicaments substituts font l’objet d’un processus accéléré d’approbation ou d’importation par Santé Canada, tous les payeurs doivent immédiatement les ajouter à leurs listes de médicaments et en supporter le coût jusqu’à ce que le produit initial soit de nouveau accessible.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340