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Une lettre ouverte aux ministres de la Santé

23 novembre 2011

Ottawa -

Aux ministres de la Santé,

Comme les ministres de la Santé se réuniront ce mois-ci et que les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral se concentrent sur la prochaine renégociation de l’Accord sur la santé, la Société canadienne du cancer aimerait définir les priorités que nous considérons essentielles pour le renouvellement des soins de santé et l’amélioration de la santé des Canadiens et canadiennes.

Question de principe, la Société canadienne du cancer croit fermement que l’Accord sur la santé doit viser l’amélioration de la santé des Canadiens et canadiennes. Les discussions doivent avant tout porter sur comment les gouvernements et la société civile peuvent travailler ensemble, afin que chaque aspect du document final doit avoir un impact mesurable sur la santé des Canadiens et canadiennes. Afin de concrétiser cet objectif lors du renouvellement de l’Accord sur la santé, la Société canadienne du cancer a déterminé les quatre priorités suivantes : la prévention, l’accès aux médicaments, les soins palliatifs et le soutien aux aidants.

  1. La prévention – La Société canadienne du cancer partage la reconnaissance mondiale croissante de l’importance de la prévention pour amélioration de la santé. Environ 50 % de tous les cancers peuvent être évités grâce à l’adoption d’un mode de vie sain et de politiques (p. ex. des stratégies de lutte contre le tabagisme, la mauvaise alimentation, l’inactivité physique et la consommation excessive d’alcool). Les initiatives de prévention, particulièrement la lutte contre le tabagisme, offrent des stratégies rentables à long terme dans la lutte contre le cancer et d’autres maladies. Dans le prochain Accord sur la santé, la Société canadienne du cancer réclame un engagement accru sur le plan des initiatives de prévention, comprenant le financement durable pour permettre l’accès au dépistage, aux vaccins appropriés, ainsi qu’à des programmes visant à réduire l’exposition à des agents carcinogènes et à la promotion d’une vie saine et active.
    De plus, l’Accord sur la santé de 2014 doit répondre à l’urgence générée par le nombre croissant de gens malades traités à la maison ou dans leur communauté. La restructuration du système de santé a provoqué une baisse des soins prodigués dans les hôpitaux ou dans d’autres milieux institutionnels et l’augmentation du nombre de patients recevant des soins dans des établissements informels pour une longue période. En conséquence, les Canadiens et canadiennes ne font pas seulement face à des inégalités dans leurs traitements, mais ils doivent assumer les coûts de leurs soins, ce qui les expose à d’importantes difficultés financières dans des circonstances qui sont déjà difficiles.
    La Société canadienne du cancer croit que tous les Canadiens et canadiennes ont le droit de recevoir des soins palliatifs d’excellentes qualités. Dans de nombreux cas, recevoir des soins à domicile ou dans un établissement communautaire est plus bénéfique pour les patients et leurs familles. Nous avons déterminé les trois priorités suivantes pour répondre aux besoins des patients qui reçoivent des soins en dehors d’un cadre institutionnel.
  2. L’accès aux médicaments – Cinquante pour cent des nouveaux médicaments anticancéreux se prennent à domicile et leurs coûts incombent souvent aux patients. Le prix moyen d’une série de traitements utilisant les nouveaux médicaments anticancéreux est de 65 000 $, ce qui est presque autant que le revenu annuel moyen des Canadiens. Même lorsque les patients doivent n’assumer qu’une petite partie de ces frais, les coûts peuvent être effarants. La Société canadienne du cancer exhorte tous les gouvernements à poser des gestes significatifs en créant un programme de médicaments onéreux qui ferait en sorte que personne n’ait de difficultés financières reliées au besoin de certains médicaments ou à un lieu de résidence.
  3. Les soins palliatifs – En raison de notre population vieillissante et croissante, l’incidence et la prévalence de cancer augmentent, ce qui provoque une plus grande demande de services de soins palliatifs. Les patients touchés par le cancer qui sont en fin de vie ont besoin de ressources, de même que leurs aidants. Dans le prochain Accord sur la santé, la Société canadienne du cancer réclame des soins palliatifs à la fin de la vie dans le cadre du continuum des soins de notre système de santé. La Société demande d’inclure un financement adéquat afin d’assurer des services des soins palliatifs et de fin de vie accessibles à tous les Canadiens et Canadiennes. De plus, les gouvernements doivent financer davantage la recherche, mettre en place des mesures de surveillance et améliorer la qualité des suivis afin préciser les besoins des patients mourants et de leurs familles, et de répondre à ceux-ci.
  4. Les aidants – Le soutien des aidants s’est amélioré, mais il en reste encore beaucoup à accomplir. La Société canadienne du cancer demande une plus grande assistance financière, pratique et affective pour les aidants ainsi qu’une plus grande souplesse des lois du travail de même que des programmes afin que les travailleurs soient en mesure de soutenir financièrement les membres de leur famille. Les aidants constituent l’épine dorsale invisible de notre système de santé. Ils sont essentiels à sa durabilité et contribuent à des résultats positifs pour la santé des patients.

Nous vous souhaitons une réunion productive et nous nous réjouissons de travailler en collaboration avec tous les ordres de gouvernement pour améliorer la santé de tous les Canadiens et Canadiennes. De plus, nous attendons avec impatience l’occasion d’informer nos milliers de partisans de votre engagement à améliorer notre système de santé.

Cordialement,

La Société canadienne du cancer

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340