Davantage d’adolescents et de jeunes adultes survivent au cancer

16 avril 2009

Toronto -

Selon les Statistiques canadiennes sur le cancer 2009 publiées aujourd’hui par la Société canadienne du cancer, alors que plus de jeunes gens survivent à un cancer, on observe un besoin grandissant de faire plus pour mieux épauler ces jeunes patients aux prises avec des difficultés qui leur sont propres.

Cette année, c’est le cancer chez les adolescents et chez les jeunes de 15 à 29 ans qui constitue l’angle particulier du rapport.

« Le cancer est une maladie dévastatrice pour quiconque, mais il peut se révéler particulièrement difficile pour une jeune personne, a affirmé Heather Logan, directrice principale des politiques de lutte contre le cancer et de l’information de la Société canadienne du cancer. Ces jeunes gens fréquentent l’école secondaire ou l’université, entreprennent une carrière ou élèvent une famille. Ils s’attendent à tout sauf à être touchés par le cancer à cette étape de leur vie. »

Chaque année, environ 2 075 jeunes Canadiennes et Canadiens de 15 à 29 ans reçoivent un diagnostic de cancer, et il y a environ 326 décès par année dans ce groupe d’âge. Dans ce groupe d’âge, la survie à 5 ans atteint 85 %, ce qui représente une augmentation de 5 % comparativement à la période de 1992 à 1995.

« Le nombre relativement faible de jeunes gens atteints du cancer tend à faire oublier les répercussions incommensurables de cette maladie tant chez ceux-ci que chez les membres de leur famille et au sein de la société, a déclaré Loraine Marret, présidente du comité de direction des Statistiques et épidémiologiste au sein d’Action Cancer Ontario. La dernière chose à laquelle une jeune personne s'attend, c’est de se trouver devant une maladie dévastatrice qui peut l'atteindre à la fois physiquement et émotionnellement pendant plusieurs années. »

« Alors que l’augmentation des survivants constitue une bonne nouvelle, on a besoin de plus d’information au sujet du cancer dans ce groupe d’âge et des difficultés uniques que ces jeunes patients doivent surmonter, pour que l'on puisse faire davantage pour eux », a ajouté Mme Logan.

Des défis uniques
Voici certains des défis psychosociaux que doivent relever les jeunes gens atteints du cancer : 

  • vivre avec les changements physiques provoqués par les effets secondaires du traitement, soit la chute des cheveux, l’acné, la prise de poids et les répercussions au chapitre de la sexualité et de la fertilité; 
  • éprouver un sentiment d’isolement et d’incapacité à obtenir un soutien émotionnel de leurs pairs; 
  • se sentir dépassé lorsqu’il s’agit de naviguer dans un monde de cancers qui n’est pas conçu pour des jeunes.

Les autres enjeux particuliers comprennent : 

  • des diagnostics tardifs parce que : 
    • bien des jeunes se sentent invincibles et ils tardent à solliciter de l’aide médicale; 
    • des professionnels de la santé qui pourraient être moins familiers avec les symptômes du cancer chez les jeunes gens et qui pourraient ne pas songer à établir un diagnostic de cancer. 
  • une réponse différente au traitement mis en œuvre pour d’autres groupes d'âge; 
  • une participation plus faible des jeunes aux essais cliniques, ce qui fait que les progrès au chapitre de la survie sont plus lents (environ 10 à 20 % des adolescents plus âgés prennent part aux essais cliniques alors que 80 % des enfants y participent); 
  • des protocoles pour le traitement des cancers chez l’enfant différents de ceux réservés aux adultes, alors que les adolescents et les jeunes adultes se situent entre ces deux groupes d’âge; 
  • la possibilité limitée de faire de la prévention, car actuellement, les connaissances sont restreintes sur les facteurs de risque des cancers les plus répandus chez les jeunes; 
  • la possibilité d’éprouver des problèmes de santé (nommés séquelles), provoqués par le cancer ou par le traitement.

L’histoire de Shawn
Shawn Sajkowski était âgé de 25 ans et amorçait sa carrière dans une nouvelle ville. C’est à cette époque, plus précisément en juin 2000, qu’il s’est découvert une bosse sur la cuisse. Le diagnostic : un lymphome non hodgkinien, un cancer du système lymphatique.

« J’étais complètement dérouté, affirme Shawn. À 25 ans, c’est la dernière chose à laquelle on s’attend. »

Travaillant à Brockville en Ontario, Shawn a décidé de retourner dans sa ville natale, à Kitchener en Ontario où il a été en mesure de trouver un autre emploi. On l’a soumis à la chimiothérapie pendant cinq mois. Mais ses rechutes successives ont nécessité une transplantation de cellules souches en 2006 (le donneur était son frère). Avant qu’il puisse quitter l’hôpital, son système immunitaire a dû être détruit, puis rétabli pendant trois mois suite à l'intervention. En bout de ligne, la maladie l’a empêché de travailler pendant 20 mois. Il a aussi perdu une relation de longue date.

« Je me suis senti trahi, dit-il. Je voyais mes amis se marier, voyager, progresser dans leur carrière et moi, je me trouvais dans une impasse. »

Maintenant en rémission, Shawn travaille chez Research in Motion, une puissance mondiale du domaine des technologies; il pratique la méditation et adore ses activités de bénévolat au sein du Service de soutien par les pairs de la Société canadienne du cancer, CancerConnection/Cancer J’écoute.

« J’ai traversé des hauts et des bas, dit le jeune homme de 34 ans. C’est important d’avoir acquis cette expérience et ces connaissances et de les mettre à la disposition de toute personne qui en a besoin. »

Implications et recommandations
Pour mieux satisfaire les besoins des jeunes gens atteints du cancer, on a formulé les recommandations suivantes : 

  • augmenter la sensibilisation au cancer parmi les jeunes gens et les professionnels de la santé; 
  • trouver des façons innovatrices d’augmenter et d’améliorer les communications entre les médecins et les jeunes patients, d’établir un diagnostic précoce et d’assurer le traitement ainsi qu’un suivi médical; 
  • renforcer la sensibilisation et les services de soutien; 
  • améliorer la recherche sur le cancer et la surveillance des facteurs de risque communs chez les jeunes, et identifier les tendances de ces cancers afin d’établir les priorités et de prévoir le fardeau qui pèsera sur les ressources en matière de santé; 
  • améliorer le financement de la recherche, de même que les programmes et les services offerts aux jeunes atteints du cancer; 
  • mettre au point des lignes directrices de la pratique clinique pour toutes les étapes du traitement contre le cancer pour ce groupe d’âge, y compris le suivi à long terme.

Ces recommandations émanent d’un rapport canadien majeur publié en 2006 sur le cancer chez les jeunes adultes (âgés de 20 à 44 ans) ainsi que des rapports du National Cancer Institute des É.-U. et du programme Surveillance, Epidemiology and End Results.

« La Société canadienne du cancer soutient ces recommandations, affirme Paul Lapierre, vice-président, Affaires publiques et lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. Chaque jeune personne atteinte du cancer mérite les meilleurs soins et un soutien indéfectible. »

Faits saillants : Le cancer chez les adolescents et les jeunes gens (âgés de 15 à 29 ans) 

  • Le taux global d’incidence a augmenté depuis 1996, et le taux de mortalité a diminué depuis 1992. 
  • Les lymphomes constituent le type de cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les deux sexes, de même que le cancer de la thyroïde chez les femmes et le cancer du testicule chez les hommes. 
  • La leucémie fauche le plus de vie chez les deux sexes.

Faits saillants : Statistiques canadiennes sur le cancer 2009 

  • Au Canada, en 2009, on s’attend à ce que 171 000 nouveaux cas de cancer (excluant 75 100 cas de cancer de la peau autre que le mélanome) surviennent, et que 75 300 personnes en meurent. 
  • Le taux de survie relative à 5 ans pour tous les cancers confondus s’élève à 62 % (en excluant le Québec) – ce qui représente une amélioration de 4,5 % par rapport à la période écoulée de 1992 à 1994*. 
  • Au début de l’année 2005, il y avait 695 000 personnes (ou 1 Canadien sur 46) atteintes de cancer dont le diagnostic avait été établi au cours des 10 dernières années. 
  • Environ 40 % des femmes canadiennes et 45 pour cent des hommes canadiens contracteront le cancer au cours de leur vie. 
  • Environ 24 % des femmes et 29 % des hommes, soit environ 1 Canadien sur 4 mourront du cancer.

Selon le Dr David Butler-Jones, l’administrateur en chef de la santé publique du Canada, « La prévention du cancer et le soutien aux personnes, aux familles et aux communautés qui en vivent les répercussions comptent au nombre des priorités en matière de santé publique. En travaillant en collaboration, nous avons tous un rôle à jouer lorsqu’il s’agit d’améliorer la qualité de vie des Canadiennes et des Canadiens. »

Le rapport des Statistiques canadiennes sur le cancer 2009 est préparé, imprimé et distribué grâce à la collaboration de la Société canadienne du cancer, de l’Agence de la santé publique du Canada, de Statistique Canada, des registres du cancer provinciaux et territoriaux, de même que de chercheurs du milieu universitaire et du milieu des agences du cancer provinciales et territoriales. 

Pour plus de renseignements sur les Statistiques canadiennes sur le cancer 2009, visitez le site Web de la Société au www.cancer.ca

Il est possible d’accéder à la conférence média au : http://hosting.epresence.tv/munk/ (cliquez sur Live Event Schedule). La conférence sera archivée à la même adresse (cliquez sur Published Events).

*La survie relative à cinq ans est la proportion des gens toujours vivants cinq ans après avoir reçu leur diagnostic et la proportion de personnes semblables dans la population en général dont on s’attend à ce qu’elles soient vivantes dans cinq ans.

Une fois rajustée pour tenir compte des différences au chapitre de la distribution de l’âge au sein de la population, une augmentation de 4,5 % de la survie est survenue entre les périodes de 1992 à 1994 et de 2002 à 2004.
Les données sur la survie provenant du Québec ont été exclues, et ceci, en partie parce que la méthode de détermination de la date du diagnostic du cancer qu’on y utilise diffère de la méthode employée dans les autres registres.

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l'éradication du cancer et l'amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Pour en savoir plus sur le cancer, visitez le www.cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939-3333.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340