Ce sont les jeunes qui passent le plus de temps au soleil et qui se protègent le moins

10 juillet 2008

Toronto -

Les jeunes sont ceux qui passent le plus de temps au soleil et qui sont les moins enclins à se protéger d’une surexposition aux rayons solaires, selon une enquête nationale subventionnée par la Société canadienne du cancer.

« De tels résultats sont inquiétants. Les taux d’incidence du cancer de la peau continuent de croître au Canada, y compris chez les jeunes adultes », déclare la Dre Loraine Marrett, chercheuse principale de l’enquête et scientifique chevronnée œuvrant pour Action Cancer Ontario. « La surexposition au dangereux rayonnement ultraviolet émis par le soleil et les dispositifs de bronzage accroît le risque immédiat des jeunes gens de développer un cancer de la peau, et augmente aussi leur risque global de cancer plus tard dans la vie. »

La Dre Marrett, directrice de l’unité de surveillance à Action Cancer Ontario, ajoute qu’avec l’amincissement de la couche d’ozone agissant comme barrière protectrice autour de la Terre, il est plus important que jamais pour tous les Canadiens d’éviter la surexposition au soleil.

Exposition en plein air

Chez les jeunes adultes (16 à 24 ans) :

  • près de 50 % des jeunes hommes et 32 % des jeunes femmes passent au moins deux heures au soleil par une journée d’été typique;
  • 42 % des jeunes hommes et 58 % des jeunes femmes se protègent de la surexposition aux rayons du soleil – des taux de beaucoup inférieurs à ceux des personnes plus âgées.

Chez les enfants (6 à 12 ans) :

  • 66 % des garçons et 59 % des filles passent au moins deux heures au soleil par une journée d’été typique;

74 % des garçons et 78 % des filles se protègent de la surexposition aux rayons du soleil – quoique plutôt élevés, ces pourcentages sont quand même moindres que chez les enfants plus jeunes (1 à 5 ans).

Bronzage

Les résultats de l’enquête révèlent également que les jeunes adultes sont plus enclins à rechercher et obtenir un bronzage – soit au soleil, soit au moyen de dispositifs de bronzage.  

  • 49 % des jeunes femmes et 28 % des jeunes hommes essaient activement d’obtenir un bronzage au soleil.

27 % des jeunes femmes ont recours à des dispositifs de bronzage – une proportion plus élevée que chez les jeunes hommes ou les adultes plus âgés.

L’enquête est toutefois porteuse de bonnes nouvelles : les messages de prudence au soleil trouvent un écho auprès de certaines populations. La plupart des adultes canadiens de 65 ans et plus appliquent des mesures de protection très efficaces et les parents protègent avec grand soin leurs enfants de 1 à 5 ans.

« Les résultats de l’enquête seront sans doute fort utiles pour nous aider à mieux sensibiliser les groupes qui en ont le plus besoin à l’importance de se protéger du soleil », affirme Heather Chappell, gestionnaire principale de la lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. Nous devons orienter nos efforts plus particulièrement vers les jeunes adultes et les enfants plus âgés. »

Mmes Marrett et Chappell reconnaissent toutes deux, par ailleurs, qu’une exposition modérée au soleil peut apporter certains effets positifs. Le soleil permet entre autres la synthèse de la vitamine D, essentielle à une bonne santé.

« Nous invitons toutefois les Canadiens à ne pas passer trop de temps sans protection au soleil afin d’obtenir la vitamine D dont ils ont besoin, précise madame Chappell. Quelques minutes par jour suffisent en général pour atteindre les niveaux souhaités. Les personnes de plus de 50 ans qui ont le teint plus foncé devraient peut-être envisager aussi la prise d’un supplément. Le mieux est d’en discuter avec un professionnel de la santé. »

Mme Chappell ajoute que la Société canadienne du cancer (SCC) analysera en profondeur les résultats de l’enquête et, au besoin, mettra à jour, précisera ou enrichira l’information qu’elle diffuse dans sa documentation imprimée et sur son site Web (www.cancer.ca). En attendant, la SCC encourage les Canadiens à se protéger de toute surexposition au soleil, en particulier entre 11 h et 16 h, quand les rayons sont les plus ardents, et à toute heure du jour lorsque l’indice UV atteint 3 ou plus.

L’histoire de Rose

Le cancer est bien la dernière chose à laquelle pensait Rose Tanyi, une jeune femme alors âgée de 23 ans, lorsqu’elle a fait examiner un grain de beauté sur sa joue qui avait pris de l’expansion au cours de la dernière année. « J’ai eu un choc quand j’ai appris qu’il s’agissait d’un mélanome, raconte Rose. Je me disais que j’étais bien trop jeune pour que ça m’arrive. Comment cela était-il arrivé? » Une chirurgie a permis d’extraire le cancer avec succès et pendant trois ans, elle a été sous médication afin d’empêcher toute récidive. Aujourd’hui âgée de 36 ans, Rose est libérée du cancer et agit à titre de coordonatrice bénévole d’une banque alimentaire.

Bien qu’elle n’ait jamais adoré le soleil, Rose ajoute qu’avant son diagnostic, elle n’utilisait pas d’écran solaire et ne pensait pas vraiment à se protéger elle-même du soleil. « Bien entendu, j’y pense beaucoup plus maintenant, continue-t-elle. Je reste loin du soleil aux heures d’intensité maximale quand je le peux, je porte un chapeau et j’utilise un écran solaire.

« J’insiste auprès des jeunes sur l’importance de surveiller leur santé et de s’informer des dangers une trop longue période d’exposition au soleil sans protection. Quand on est jeune, on pense souvent que rien ne peut ne nous arriver, mais ce n’est pas comme ça que ça se passe. »

Rose est aussi bénévole à la Société canadienne du cancer et offre du soutien aux personnes atteintes du cancer grâce au programme national CancerConnection/Cancer J’écoute. « Je tenais à aider des gens faisant face à ce que j’avais traversé. »

« Il nous faut absolument comprendre les attitudes et comportements des Canadiens à l’égard de la protection solaire si nous voulons élaborer des programmes de santé publique et de prévention du cancer plus efficaces, selon Jessica Hill, chef de la direction du Partenariat canadien contre le cancer, un organisme indépendant financé par le gouvernement fédéral et chargé d’accélérer les interventions de lutte contre le cancer. À plus grande échelle, la solution nécessitera la participation de nombreux partenaires : les organismes de promotion de la santé, les commissions scolaires, les détaillants de vêtements et même les services d’urbanisme, qui devront notamment prévoir des installations récréatives comportant des zones ombragées. Cette enquête marque une étape importante, car elle nous permettra de trouver des façons de travailler en concertation en vue de gérer les facteurs de risque de cancer. »

L’enquête nationale sur l’exposition au soleil a été menée au Canada en 2006. Plus de 7000 adultes (16 ans et plus) ont été sondés sur différents sujets :

  • temps passé au soleil, bronzage et coups de soleil;
  • modes de protection contre la surexposition au soleil;
  • connaissances, attitudes et comportements en ce qui concerne le bronzage, l’exposition au soleil et la protection solaire.

Les parents d’enfants âgés de 1 à 12 ans (environ 1400) ont aussi été invités à répondre aux mêmes questions (temps passé au soleil, protection solaire et coups de soleil) pour un de leurs enfants.

Cette enquête a pour but de fournir aux organismes de santé et aux décideurs des renseignements utiles à l’élaboration de programmes efficaces en vue de limiter la surexposition de la population au rayonnement ultraviolet.

La Société canadienne du cancer est le principal bailleur de fonds de l’enquête. L’Agence de la santé publique du Canada (www.santepublique.gc.ca) a également contribué au financement.

La production de cette enquête nationale sur l’exposition au soleil a été rendue possible en partie grâce au soutien du Comité national de prévention du cancer de la peau. Ce comité est issu du Partenariat canadien contre le cancer, une organisation indépendante financée par le gouvernement fédéral par l’entremise de Santé Canada.

On peut trouver de l’information sur le cancer de la peau sur le site Web de Santé Canada, Votre santé et vous (www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/index-fra.php). On peut trouver du matériel didactique à des fins d’enseignement en consultant le Programme de l’indice UV pour la sensibilisation aux effets du soleil de Santé Canada au www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/securit/sports/sun-sol/uv-prog/index-fra.php

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l'éradication du cancer et l'amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. L’an dernier, la Société a consacré 49,5 millions de dollars à des projets de recherche de pointe dans l’ensemble du pays. Pour en savoir plus sur le cancer, visitez le www.cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939-3333.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340