Statistiques canadienne sur le cancer 2007 : Diminution du taux de mortalité par cancer du sein

11 avril 2007

Toronto -

Le taux de mortalité par cancer du sein diminue de façon marquée et un plus grand nombre de femmes survivent plus longtemps, selon un rapport spécial des Statistiques canadiennes sur le cancer 2007 publiées aujourd’hui par la Société canadienne du cancer.

Un dépistage plus fréquent et de meilleurs tests, ainsi que des traitements plus efficaces expliquent la diminution du taux de mortalité.

« Bien que ces progrès constituent une bonne nouvelle, le cancer du sein continue à faire de nombreuses victimes, déclare Heather Logan, directrice des politiques de lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. Cette année, nous avons choisi de nous pencher plus attentivement sur le cancer du sein, car il s’agit du type de cancer le plus répandu chez les femmes au Canada et ailleurs dans le monde. Nous devons continuer de faire reculer cette maladie dévastatrice qui affecte tant de femmes et leurs familles. »

Selon le rapport spécial, le taux de mortalité normalisé selon l’âge pour le cancer du sein chez les Canadiennes a reculé de 25 % depuis 1986. Le taux de survie relative à cinq ans est de 86 % (chez les femmes qui ont reçu un diagnostic de cancer du sein entre 1996 et 1998, en excluant le Québec).

Des mammographies de meilleure qualité et une plus grande participation dans les programmes organisés de dépistage (des femmes âgées de 50 à 69 ans en particulier) ont permis de détecter un plus grand nombre de cancers du sein, augmentant la probabilité de réussite du traitement.

« Nous savons que le dépistage du cancer du sein est utile, affirme Paul Lapierre, directeur, Affaires publiques et lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer.  Il faut continuer à identifier et à supprimer les obstacles qui freinent la participation aux programmes de dépistage. Si les femmes participent en plus grand nombre, elles seront plus nombreuses à survivre. »

L’augmentation du taux de survie des femmes atteintes du cancer du sein résulte des améliorations dans le traitement du cancer du sein, dont :  

  • un recours plus fréquent à l’association chimiothérapie-tamoxifène;
  • un usage plus fréquent de thérapies ciblées chez les patientes porteuses d’une tumeur qui surexprime l’oncogène Her-2.

Taux d’incidence du cancer du sein

Chez les Canadiennes, le taux global d’incidence du cancer du sein n’a pas cessé d’augmenter entre 1969 et 1999 (1 % par année), mais il s’est toutefois stabilisé depuis. Nous connaissons encore mal les causes de cette hausse, mais elles pourraient être liées à divers facteurs, dont :

  • une plus grande participation dans les programmes organisés de dépistage du cancer du sein, ce qui a permis de détecter de petites tumeurs qui n’étaient pas encore cliniquement décelables;
  • des changements dans les tendances de la procréation et de l’utilisation d’hormones. Par exemple, la grossesse tardive chez un plus grand nombre de femmes et l’âge plus avancé au moment de la première grossesse augmentent le risque de cancer du sein; les contraceptifs oraux et l’hormonothérapie substitutive combinée augmentent légèrement le risque de cancer du sein.

acteurs de risque

Les facteurs connus influençant le risque de développer un cancer du sein comprennent divers éléments, dont :

  • les habitudes de vie (obésité, inactivité physique, consommation d’alcool);
  • les facteurs héréditaires (antécédents familiaux de cancer du sein, présence des gènes mutés BRCA1 ou BRCA2);
  • les facteurs de reproduction et hormonaux (âge plus avancé à la première grossesse, menstruations précoces, menstruations irrégulières, ménopause tardive, contraceptifs oraux, hormonothérapie substitutive combinée).

« C’est encourageant de constater que le taux global d’incidence de cette maladie commence à se stabiliser, affirme Loraine Marrett, présidente du comité de direction des Statistiques et épidémiologiste. Le taux d’incidence du cancer du sein au Canada est parmi les plus élevés au monde. Nous avons besoin d’information supplémentaire sur les facteurs de risque pouvant être modifiés afin que davantage puisse être fait afin de prévenir cette maladie. Nous voulons voir le taux d’incidence du cancer du cancer du sein chuter autant que possible, afin que les femmes et leurs familles n’aient plus peur de cette maladie. »

Prévention

« La prévention du cancer du sein et de tous les cancers représente notre espoir et notre objectif ultimes, déclare Mme Logan. Pour réaliser de nouvelles percées dans la prévention du cancer du sein, deux choses doivent se produire. Premièrement, il faut des politiques pour protéger la santé des Canadiens. Par exemple, éliminer ou diminuer l’exposition à des substances carcinogènes dans notre environnement, ou s’assurer d’avoir des programmes scolaires incluant de l’activité physique. Deuxièmement, nous avoir besoin de plus d’information sur les saines habitudes de vie pour que les femmes soient mieux équipées pour prendre leur santé en main et diminuer leurs risques de cancer. Cette combinaison d’action individuelle et de politiques axées sur la santé sera la plus efficace pour diminuer le nombre de victimes du cancer, incluant le cancer du sein.»

Selon les connaissances actuelles, un des moyens pour les femmes de prévenir le risque de cancer du sein consiste à manger sainement, à faire de l’activité physique, à maintenir un poids santé, à réduire sa consommation d’alcool et à éviter les hormones non essentielles.

Le rapport spécial sur le cancer du sein identifie quatre moyens permettant d’assurer la continuité des progrès dans la lutte contre cette maladie afin que le nombre de femmes ayant reçu un diagnostic de cancer diminue et que moins de femmes en meurent :
Grâce à la recherche, déterminer les facteurs de risque du cancer du sein que l’on peut modifier, comme l’exposition professionnelle ou environnementale, et la vitamine D.

  • Accroître la recherche pour découvrir d’autres facteurs génétiques afin de permettre aux femmes présentant un risque élevé de prendre les mesures appropriées.
  • Accroître le taux de participation dans les programmes organisés de dépistage du cancer du sein parmi les femmes âgées de 50 à 69 ans en élaborant plus de stratégies efficaces de recrutement et de fidélisation.
  • Continuer à utiliser les meilleurs traitements possibles, et développer et évaluer de nouveaux traitements.  

« La Société canadienne du cancer soutient ces recommandations, déclare Paul Lapierre. Nous devons travailler à partir de nos connaissances actuelles afin de découvrir de nouveaux éléments sur la prévention du cancer du sein et, ultimement, sauver davantage de vies. »

« Notre nouveau gouvernement reconnaît l’importance de la prévention et de la détection précoce pour sauver des vies du cancer, a déclaré l’honorable Tony Clement, ministre de la Santé. C’est pourquoi, nous avons investi 260 millions de dollars dans la Stratégie canadienne de lutte contre le cancer et 300 millions de dollars pour la mise en œuvre du programme d’immunisation contre le virus du papillome humain qui va aider à protéger les femmes et les jeunes filles du cancer du col de l’utérus. Des initiatives comme celles-ci permettront de réduire le nombre de nouveaux cas de cancer parmi la population canadienne, d’améliorer la qualité de vie des personnes touchées par le cancer et de diminuer la probabilité pour les Canadiens de mourir du cancer. »

Tendances générales du cancer

Les Statistiques canadiennes sur le cancer 2007 rapportent que :

  • De façon générale, les taux d’incidence et de mortalité normalisés selon l’âge se sont stabilisés ou ont diminué pour la majorité des sièges de cancer au cours de la dernière décennie
  • Les taux de mortalité ont régressé, toutes formes de cancer confondues et pour la plupart des types de cancer, tant chez les hommes que chez les femmes depuis 1994. Le cancer du poumon chez la femme et le cancer du foie chez l’homme constituent des exceptions
  • Malgré des taux normalisés selon l’âge assez stables et même déclinants, le nombre de nouveaux cas de cancer et de mortalité par cancer continue d’augmenter de façon constante à mesure que la population canadienne augmente et vieillit.

Probabilité de développer un cancer ou d’en mourir

  • On estime que 39 % des Canadiennes et 44 % des Canadiens développeront un cancer au cours de leur vie.
  • On estime que 24 % des femmes et 28 % des hommes mourront des suites du cancer, soit environ un Canadien sur quatre.

Les Statistiques canadiennes sur le cancer 2007 sont compilées, imprimées et distribuées grâce à la collaboration de la Société canadienne du cancer, de l’Agence de santé publique du Canada, de l’Institut national du cancer du Canada, de Statistiques Canada, des registres provinciaux et territoriaux du cancer, ainsi que de chercheurs rattachés à des universités ou à des organismes provinciaux ou territoriaux de lutte contre le cancer.

La survie relative à cinq ans est la proportion de personnes vivant cinq ans après un diagnostic de cancer, ajustée au nombre de décès prévus pour les personnes appartenant au même groupe d’âge dans la population en général. La survie relative est la méthode privilégiée d’analyse de la survie des personnes atteintes du cancer pour des études dans la population.

La survie est calculée à partir de la date du diagnostic de cancer jusqu’à cinq ans après le diagnostic. Au Québec, la méthode de détermination de la date du diagnostic diffère de celle utilisée par les autres provinces. Par conséquent, les données de survie au Québec ne peuvent être comparées à celles des autres provinces.

Les taux normalisés selon l’âge sont obtenus par le nombre de personnes sur 100 000 habitants qui reçoivent un diagnostic de cancer ou qui meurent du cancer. La normalisation selon l’âge permet d’établir des comparaisons d’une année à l’autre puisqu’elle tient compte de l’évolution de la composition par âge de la population.

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l'éradication du cancer et l'amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Pour en savoir plus sur le cancer, visitez le www.cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939-3333.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340