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Le Canada se dirige vers une crise du cancer

12 avril 2005

Toronto -

L’avancée en âge de la génération du baby-boom et l’accroissement de la population sont en voie de plonger le Canada dans une crise du cancer, si l’on en croit les Statistiques canadiennes sur le cancer 2005 publiées aujourd’hui par la Société canadienne du cancer.

«L’accroissement de nouveaux cas de cancer au pays est deux fois plus rapide que celui de la population», déclare Heather Logan, directrice des politiques de lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. «Le cancer exerce déjà une énorme pression sur notre système de soins de santé; la situation sera loin de s’améliorer avec le vieillissement des baby-boomers

De 2000 à 2004, la population canadienne a connu une croissance annuelle d’environ 1 %, alors que le nombre de nouveaux diagnostics de cancer augmentait d’environ 2 % par année. Madame Logan ajoute que si cette tendance se maintient, tout comme l’accroissement et le vieillissement de la population, on peut s’attendre à ce que 5,7 millions de Canadiens développent une forme ou une autre de cancer au cours des 30 prochaines années et que 2,7 millions de personnes meurent des suites de la maladie au cours de la même période.

«Ce fléau entraîne des souffrances incalculables pour les Canadiens», renchérit la Dre Barbara Whylie, chef de la direction de la Société canadienne du cancer. «Sans compter que les coûts directs en soins de santé auront des effets considérables sur notre économie. Il est impératif que le Canada mette rapidement en œuvre la Stratégie canadienne de lutte contre le cancer. Il faut entreprendre sans tarder une lutte concertée, d’un océan à l’autre, pour mettre le cancer en échec.»

La prévention constitue un des principaux moyens de renverser l’accroissement de l’incidence du cancer et fait l’objet d’une section spéciale dans le rapport de cette année, intitulée Progrès dans la prévention du cancer : facteurs de risque modifiables.

«Nous ne pouvons absolument rien à plusieurs des facteurs de risque de cancer, comme l’âge, le sexe et le bagage génétique», précise madame Logan. «Mais il existe par contre d’importants facteurs sur lesquels nous pouvons agir. Si nous arrivons à inciter plus de gens à adopter de meilleures habitudes de vie, le cancer finira par toucher de moins en moins de Canadiens.»

La tabagisme, la mauvaise alimentation, la sédentarité, l’excès de poids, la consommation d’alcool, l’exposition excessive au soleil et l’exposition à des substances carcinogènes dans l’environnement et au travail sont responsables chaque année d’un nombre important de diagnostics de cancer.

Dans la section spéciale portant sur la prévention, on peut lire notamment que :

  • ·60 % des Canadiens ne consomment pas les quantités de fruits et de légumes recommandées;
  • Environ la moitié de la population du pays (54 % des femmes et 44 % des hommes) n’est pas physiquement active;
  • Environ la moitié des Canadiens (56 % des hommes et 39 % des femmes) n’ont pas un poids santé;
  • La sédentarité diminue lentement mais on observe de plus en plus de cas d’excès de poids, en particulier chez les enfants;
  • 18 % des Canadiens de plus de 12 ans affichent une consommation abusive d’alcool;
  • En 2002, au Canada, 21 % des jeunes de plus de 12 ans et 18 % des jeunes de 15 ans à 19 ans étaient des fumeurs;
  • Le tabagisme est en perte de vitesse mais demeure élevé dans certains groupes.

«Au cours des 30 dernières années, nous avons appris beaucoup sur les moyens de prévenir le cancer», poursuit madame Logan. «D’immenses progrès ont été accomplis à ce chapitre grâce à la lutte antitabac et nous pourrions aller encore plus loin en transposant dans d’autres secteurs l’expérience que nous avons acquise. Nous devons intensifier nos efforts à la fois pour aider les Canadiens à vivre plus sainement et pour aider les gouvernements à créer des politiques qui encourageront les gens à changer leurs habitudes.»

Madame Logan précise qu’il serait possible de prévenir au moins la moitié des cas de cancer par de saines habitudes de vie et des politiques de protection de la santé publique.

«La Stratégie canadienne de lutte contre le cancer a prévu un plan d’action préventive qui devrait entraîner des réductions significatives de l’incidence du cancer – à condition bien sûr d’être mis en œuvre», affirme la Dre Whylie.

La Dre Whylie ajoute qu’une stratégie nationale de lutte contre le cancer pourrait éventuellement empêcher plus de 1,2 million de Canadiens de développer un cancer et sauver plus de 420 000 vies au pays au cours des 30 prochaines années.

La nécessité d’une telle stratégie a été identifiée à la fin des années 90 par quatre groupes – la Société canadienne du cancer, l’Association canadienne des organismes provinciaux de lutte contre le cancer, Santé Canada et l’Institut national du cancer du Canada. La stratégie a pour but de réduire les risques de morbidité et de mortalité liées au cancer ainsi que d’améliorer la qualité de vie des personnes touchées par la maladie.

Les données présentées dans la thématique spéciale de cette année – Progrès dans la prévention du cancer : facteurs de risque modifiables – sont tirées principalement du Rapport d’étape sur la lutte contre le cancer au Canada, publié par l’Agence de santé publique du Canada en 2004.

Les Statistiques canadiennes sur le cancer 2005 sont compilées, imprimées et distribuées grâce à la collaboration de la Société canadienne du cancer, de l’Agence de santé publique du Canada, de l’Institut national du cancer du Canada, de Statistique Canada, des registres provinciaux et territoriaux du cancer ainsi que de chercheurs rattachés à des universités ou à des organismes provinciaux et territoriaux de lutte contre le cancer.

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l'éradication du cancer et l'amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Pour en savoir plus sur le cancer, visitez le www.cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939-3333.