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Les adolescents veulent écraser, mais sans succès

16  juillet  2008
MONTRÉAL - Selon une étude menée par l’Université de Montréal et financée par la Sociétécanadienne du cancer, la plupart des adolescents qui fument des cigarettes essayent à maintes reprises d’arrêter, mais sans succès.

« L’étude montre que la première tentative sérieuse d’arrêter chez les fumeurs adolescents se fait après deux mois et demi de consommation seulement. Ils perdent confiance dans leur capacité de cesser de fumer après 21 mois de consommation », affirme Mme Jennifer O’Loughlin, professeure et chercheuse au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal et auteure principale de l’étude.

La professeure Jennifer O’Loughlin a analysé les données concernant 319 adolescents de Montréal qui ont rempli des rapports sur leurs habitudes de consommation tous les trois mois pendant cinq années. Publiée en ligne dans l’American Journal of Public Health, l’étude révèle que les tentatives de cesser de fumer chez les adolescents évoluent par étapes ou « jalons ». Ces étapes se présentent comme suit :

  • ils déclarent avec assurance qu’ils ont définitivement cessé de fumer un mois ou deux après leur première bouffée;
  • ils expriment leur désir conscient de cesser de fumer tout en se rendant de plus en plus compte que leur tentative nécessite des efforts sérieux;
  • ils perdent progressivement leur capacité d’arrêter à mesure que l’état de besoin augmente au cours des deux années suivantes;
  • une année plus tard, ils fument quotidiennement et se rendent compte qu’ils fument toujours parce qu’ils ont du mal à arrêter;
  • deux ans après avoir commencé à fumer quotidiennement, les jeunes fumeurs montrent une dépendance totale envers la cigarette.

L’étude a révélé que plus de 70 % des adolescents ont exprimé leur désir de cesser de fumer, mais seulement 19 % sont arrivés à le faire pendant 12 mois ou plus à la fin des cinq années de l’étude. Les filles avaient plus de chances que les garçons de cesser de fumer ou d’essayer de le faire.

« Nos constatations indiquent qu’ils veulent arrêter. À cet effet, nous devons mettre au point des interventions précoces et efficaces de lutte contre le tabac destinées aux jeunes avant qu’il ne soit trop tard, » affirme Mme O’Loughlin. 

Les participants étaient âgés de 12 à 13 ans au début de l’étude. Chez ces fumeurs débutants le tabagisme devient :

  • mensuel 9 mois après leur première bouffée;
  • hebdomadaire après 19 mois;
  • quotidien après 23 mois.

«Les résultats de cette étude démontre que les fumeurs adolescents veulent et essaient d'arrêter de fumer, mais peu y arrivent pour une longue période, signale M. Rob Cunningham, analyste de politiques principal à la Sociétécanadienne du cancer. Ce qui ressort de cette conclusion est qu'il reste beaucoup à accomplir pour encourager les jeunes à écraser, que ce soit du côté des programmes d'aide, de projets législatifs et de taxation des produits du tabac. Plus particulièrement, les gouvernements provinciaux et fédéral auraient avantage à éradiquer les activités de contrebande du tabac puisque la facilité à se procurer des cigarettes à faible coût n'encourage pas les adolescents à cesser de fumer.»

Statistiques récentes sur le tabagisme chez les jeunes

Selon l’Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada en 2006 :

  • parmi les adolescents canadiens âgés de 15 à 19 ans, 15 % sont des fumeurs;
  • parmi les adolescents québécois âgés de 15 à 19 ans, 18 % sont des fumeurs, soit l’un des taux les plus élevés au Canada.

À propos de Jennifer O’Loughlin

Mme Jennifer O’Loughlin est professeure titulaire au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal. Elle est titulaire de la Chairede recherche du Canada sur les déterminants infantiles des maladies chroniques de l'adulte. Elle est également chercheuse au Centre hospitalier de l’Université de Montréal et conseillère à l’Institut national de santé publique du Québec.

 

Partenaires dans la recherche :

Milestones in the process of cessation among novice smokers, par Jennifer O’Loughlin. Publiée dans l’American Journal of Public Health et financée par la Sociétécanadienne du cancer.

Sur le Web :

À propos de l’étude publiée dans l’American Journal of Public Health.

À propos de l’Université de Montréal 

À propos de la Société canadienne du cancer 

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l'éradication du cancer et l'amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Pour en savoir plus sur le cancer, visitez le www.cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939-3333.

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Renseignements :

Sylvain-Jacques Desjardins

Attaché de presse international

Université de Montréal

Téléphone:  (514) 343-7593

 

Christine Harminc

Communications

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone:  416 934-5340