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Et si l’exercice était le meilleur remède?

Quand on est sous traitement pour le cancer de la prostate, on n’a pas nécessairement le cœur à aller au gym pour lever des poids et haltères. Et pourtant, selon la Dre Roanne Segal, l’entraînement est en fait l’une des meilleures choses que puissent faire les hommes pour leur bien-être physique et mental en cette période difficile.

La Dre Segal, directrice du programme de réhabilitation oncologique au Centre régional de cancérologie d’Ottawa, a mené récemment une étude démontrant que l’entraînement en résistance réduit la fatigue, accroît la force musculaire et améliore la qualité de vie des hommes qui suivent un traitement androgéno-suppresseur contre le cancer de la prostate. Ce type de traitement réduit le niveau de testostérone, hormone associée à la masse et à la force musculaires.

« Les commentaires que j’ai eus sont tout à fait renversants », déclare-t-elle. « Les patients m’arrêtaient dans le corridor pour me dire à quel point ils se sentaient en forme. » Les participants étaient inscrits à un programme d’entraînement en résistance sous supervision, avec des séances trois fois par semaine. Cette étude, dont les conclusions ont été publiées en mai dernier dans le Journal of Clinical Oncology, a été subventionnée par la Société canadienne du cancer.

Il y a quelques années, les oncologues s’entendaient à dire que le repos était le meilleur antidote aux effets secondaires parfois pénibles des traitements contre le cancer. Mais aujourd’hui, grâce entre autres à la recherche menée par la Dre Segal, on sait que l’activité physique permet au contraire de mieux traverser la période de traitement.

Avant de se diriger en médecine, la Dre Segal était physiothérapeute et avait fait de la compétition en ski alpin; l’activité physique a donc toujours fait partie de sa vie. Avant même de recueillir des preuves scientifiques des bienfaits de l’exercice pour les personnes touchées par le cancer, elle était persuadée que cela ne pouvait que leur être utile.

Allant à l’encontre des idées préconçues à propos du cancer et de l’exercice, elle avait déjà mené une autre étude il y a quelques années auprès de femmes atteintes d’un cancer du sein au stade précoce. Ces dernières avaient été invitées à faire régulièrement de la marche durant une période de six mois. Quel que soit le traitement qui leur était alors administré (chimiothérapie, hormonothérapie et/ou radiothérapie), les participantes qui faisaient de la marche avait augmenté leur capacité physique et réussissaient mieux à contrôler leur poids que les femmes du groupe témoin.

Au-delà des facteurs aisément mesurables comme la force et le poids, la Dre Segal a également observé des effets psychologiques parfois spectaculaires. Les patients qui font de l’exercice éprouvent un regain de confiance et se sentent davantage en contrôle de leur santé.

« Il s’agit d’une intervention non toxique, peu coûteuse et toute simple, qui ne requiert aucune installation particulière », ajoute-t-elle. « Et surtout, il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. » Une seule condition, toutefois : les programmes d’exercice des patients doivent être élaborés et suivis par un professionnel de la santé.

Avec le soutien financier de la Société canadienne du cancer, la Dre Segal effectue actuellement une étude comparative des effets de l’exercice en aérobie et de l’entraînement en résistance sur la fatigue et la composition corporelle chez environ 210 hommes atteints de cancer de la prostate sous radiothérapie.

Dernière modification le:  18 mars 2011

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